Le marc de Bourgogne est une eau-de-vie ambrée, vieillie en fût de chêne, obtenue par distillation des marcs de raisin : peaux, pépins et parfois rafles pressurés après la vinification. Reconnu en Appellation d’Origine Contrôlée, il exprime à sa façon toute la richesse du vignoble bourguignon, de la Côte de Nuits jusqu’au Mâconnais.

Le marc de Bourgogne AOC est une eau-de-vie distillée à partir des résidus solides du pressurage (peaux, pépins), vieillie obligatoirement en fût de chêne. Il se distingue de la fine de Bourgogne, obtenue quant à elle à partir de vin. Service : 12-14°C, en digestif.

Qu’est-ce que le marc de Bourgogne ?

Le terme « marc » désigne les matières solides du raisin (peaux, pépins, parfois rafles) qui subsistent après le pressurage. Une fois les vins tirés, ces résidus encore chargés de sucres et d’arômes sont mis en distillation : c’est de cette transformation que naît le marc de Bourgogne.

L’AOC Marc de Bourgogne couvre l’ensemble du vignoble bourguignon : Côte de Nuits, Côte de Beaune, Côte Chalonnaise, Mâconnais, Chablisien, Grand Auxerrois et Beaujolais. Les cépages autorisés reflètent cette diversité : Pinot noir, Chardonnay, Aligoté, Gamay, Pinot gris, Pinot blanc, César, Melon, Sacy et Tressot. Chaque terroir, chaque millésime laisse son empreinte dans le verre, ce qui fait du marc un spiritueux fondamentalement lié à la géographie et au savoir-faire bourguignons.

La distillation du marc : un geste vieux de quatre siècles

La tradition remonte au 17e siècle, quand les vignerons bourguignons apprirent à valoriser ce qui restait du pressoir plutôt que de le rejeter. Les marcs frais, récoltés après les vendanges d’octobre, sont distillés par une douzaine d’entreprises spécialisées, dont plusieurs distillateurs ambulants qui sillonnent encore les villages de la Côte d’Or chaque automne.

La distillation se fait en alambic à repasse, selon les techniques traditionnelles. Les marcs sont chauffés, les vapeurs alcoolisées recueillies, condensées. C’est dans cette étape que se concentrent les arômes du fruit : fruits secs, épices, notes florales selon le cépage et le terroir d’origine. Un Chardonnay de Meursault ne donnera pas le même marc qu’un Pinot noir de Gevrey-Chambertin ou de Vosne-Romanée.

Le vieillissement en fût : secret de la complexité

Contrairement à d’autres eaux-de-vie, le marc de Bourgogne ne peut pas être commercialisé sans un passage obligatoire sous bois. Ce vieillissement en fûts de chêne non ouillés (c’est-à-dire en contact avec l’air) transforme progressivement le distillat : l’alcool s’assouplit, les tanins du bois s’intègrent et la robe prend sa teinte dorée à ambrée si caractéristique.

Plusieurs mentions balisent le temps passé en cave :

  • Vieille : vieillissement minimum de 4 ans en fût
  • Très Vieille : au moins 6 ans sous bois
  • Hors d’âge : 10 ans et plus de patience

Un marc « Hors d’âge » de la maison Jacoulot ou de Briottet n’a plus grand-chose à voir avec un distillat jeune. La complexité aromatique, la longueur en bouche et la douceur acquise au fil du temps en font un digestif d’une autre dimension.

Un marc vieilli 10 ans ou plus en fût de chêne développe des notes de caramel, de torréfaction et de fruits confits qui séduisent même les néophytes en matière de spiritueux.

À la dégustation : ce que révèle le terroir bourguignon

La robe d’un marc de Bourgogne varie du doré pâle pour les plus jeunes à l’ambre profond pour les Hors d’âge. Au nez, les premières impressions sont souvent plus douces qu’attendu : fruits secs (noisette, amande), épices légères, traces de vanille issues du bois. À l’agitation, le fruité du raisin d’origine pointe davantage.

En bouche, la chaleur de l’alcool (généralement 40 à 45°, souvent autour de 43°) se montre sans brutalité dans les beaux millésimes vieillis. Nous vous recommandons de le servir entre 12 et 14°C, légèrement frais, dans un verre à whisky ou un petit verre tulipe qui concentre les arômes. En digestif, c’est son terrain naturel. Les vignerons bourguignons l’aiment aussi dans leurs plats : une larme de marc dans un boeuf bourguignon ou un coq au vin donne à la sauce une profondeur inattendue.

Un accord particulièrement réussi : le marc vieux avec un époisses bien affiné. La puissance du digestif répond à la générosité du fromage à croûte lavée sans se laisser dominer.

Marc, fine et ratafia : les trois eaux-de-vie de Bourgogne

Le marc de Bourgogne partage l’affiche avec deux autres eaux-de-vie AOC du vignoble, qu’il convient de distinguer.

La fine de Bourgogne est distillée non pas à partir de marcs solides, mais directement à partir de vin. Sa texture est généralement plus soyeuse, ses arômes plus délicats. Elle vieillit elle aussi en fût (minimum 3 ans) et peut revendiquer les mêmes mentions de vieillissement que le marc.

Le ratafia de Bourgogne, moins connu, est un vin de liqueur obtenu par mutage de jus de raisin frais à l’eau-de-vie. Moins alcoolisé et plus fruité, il se sert volontiers en apéritif, sur des glaçons ou avec un filet de sirop de cassis. Ces trois eaux-de-vie illustrent la capacité du vignoble bourguignon à tirer parti de chaque étape de la vinification, du fruit pressé jusqu’à la lie du vin. Si vous planifiez une escapade en Bourgogne, plusieurs domaines proposent des dégustations de spiritueux à côté de leurs vins.

Les maisons qui font référence

Quelques producteurs ont forgé la réputation du marc de Bourgogne bien au-delà des frontières régionales. La maison Jacoulot, basée à Premeaux-Prissey en Côte de Nuits, distille depuis le 19e siècle. Son « Authentique » vieilli 7 ans en fût est souvent cité comme la référence du genre.

Briottet, à Dijon, propose un Très Vieux Marc issu de marcs de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune. Cartron et Bader-Mimeur à Chassagne-Montrachet, ou encore le domaine Bernard Delagrange à Meursault, complètent un panorama de maisons qui partagent la même conviction : que les résidus du pressoir méritent autant d’attention que le vin lui-même. Pour explorer davantage l’univers des spiritueux et leurs spécificités, notre guide vous donne les clés essentielles.

Questions fréquentes sur le marc de Bourgogne

Qu’est-ce que le marc de Bourgogne ?

Le marc de Bourgogne est une eau-de-vie AOC obtenue par distillation des marcs de raisin (peaux, pépins, parfois rafles) après pressurage. Vieilli obligatoirement en fût de chêne, il est produit dans l’ensemble du vignoble bourguignon.

Quelle est la différence entre marc et fine de Bourgogne ?

Le marc est distillé à partir des matières solides du raisin (peaux, pépins), tandis que la fine est obtenue par distillation de vin. La fine est généralement plus soyeuse et délicate ; le marc plus typé et vigoureux.

Comment fait-on du marc de Bourgogne ?

Les marcs frais issus des vendanges sont distillés en alambic peu après la récolte. Le distillat obtenu est ensuite vieilli en fûts de chêne pendant plusieurs années avant d’être mis en bouteille.

Quel est le degré d’alcool du marc de Bourgogne ?

Le marc de Bourgogne titre généralement entre 40 et 45°, le plus souvent autour de 42-43°. Le minimum légal pour l’AOC est de 40°.

À quelle température servir le marc de Bourgogne ?

Nous recommandons de le servir légèrement frais, entre 12 et 14°C. Trop chaud, il accentue la puissance alcoolique. Trop froid, il endort les arômes.

Quel est le meilleur marc de Bourgogne ?

Plusieurs maisons font référence : Jacoulot (Authentique 7 ans), Briottet (Très Vieux Marc), Cartron et Bader-Mimeur. Le choix dépend du style souhaité : un Hors d’âge conviendra aux amateurs d’eaux-de-vie complexes et boisées, un marc plus jeune séduira par sa fraîcheur fruitée.

Post Comment