Meursault est l’une des appellations blanches les plus célèbres de toute la Bourgogne. Situé dans la Côte de Beaune, entre Volnay au nord et Puligny-Montrachet au sud, ce vignoble de quelque 400 hectares produit des Chardonnays d’une richesse aromatique rare, à la fois onctueux, minéraux et d’une longueur en bouche impressionnante. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette appellation incontournable.
Sommaire
- 1 Un terroir sculpté par les moines depuis le 11e siècle
- 2 Le style Meursault : ce qu’on sent et ce qu’on goûte
- 3 Les 19 premiers crus : des noms de légende
- 4 Le rouge de Meursault, un secret bien gardé
- 5 La Paulée de Meursault : une fête que chaque amateur devrait connaître
- 6 Quels accords avec un Meursault ?
- 7 Quel budget pour une bouteille de Meursault ?
- 8 Meursault face à ses voisins : Puligny, Chassagne, Monthélie
- 9 Questions fréquentes sur le vin de Meursault
Un terroir sculpté par les moines depuis le 11e siècle
L’histoire de Meursault est indissociable de celle de la Bourgogne viticole. Dès le 11e siècle, les moines de Cîteaux avaient deviné le potentiel exceptionnel de ce coteau. Le vignoble s’étage entre 230 et 360 mètres d’altitude, sur des sols d’argile, de calcaire et de marne qui varient sensiblement d’un climat à l’autre. C’est cette subtile alchimie géologique qui donne naissance à des vins aussi complexes.
Le nom même de Meursault remonterait à l’expression « saut de souris » : autrefois, seul un espace infime séparait les parcelles de vin blanc de celles dédiées au rouge. Aujourd’hui encore, la grande majorité du vignoble est plantée en Chardonnay, cépage emblématique des grands blancs bourguignons.
Le style Meursault : ce qu’on sent et ce qu’on goûte
Un Meursault se reconnaît à sa robe or-vert lumineuse et brillante. Au nez, le premier contact est souvent flatteur : des notes de tilleul, d’aubépine, puis des arômes beurrés, de noisette grillée et de miel. Avec l’âge, des touches toastées et de fruits secs viennent enrichir ce tableau olfactif.
En bouche, c’est la tension entre le gras et la fraîcheur qui définit l’identité du vin. L’onctuosité est réelle mais elle n’écrase jamais l’acidité qui porte le vin sur la longueur. On parle souvent d’un équilibre magique entre richesse et vivacité. Pour les amateurs qui se demandent si un Meursault doit être carafé, la réponse dépend du millésime et de l’âge du vin : notre guide sur le service des vins de Bourgogne vous aidera à trancher.
En bref : Meursault, c’est un Chardonnay riche, beurré et long en bouche, avec une minéralité calcaire qui lui confère une tension unique. Une appellation à la fois accessible et infiniment complexe.
Les 19 premiers crus : des noms de légende
Meursault compte 19 premiers crus, ce qui en fait l’une des appellations les mieux dotées de la Côte de Beaune. Parmi eux, quelques noms s’imposent comme des références absolues du grand vin blanc de Bourgogne.
Les Charmes sont les plus produits et souvent les plus accessibles. Les Perrières sont considérées par beaucoup comme les plus grandes : certains vignerons estiment que si Meursault devait avoir un grand cru, ce seraient elles. Les Genevrières offrent un profil plus minéral et tendu, tandis que les Gouttes d’Or se distinguent par une richesse presque incomparable. Chaque climat raconte une histoire de sol, d’exposition et de savoir-faire vigneron.
Meursault ne compte aucun grand cru. C’est l’une des rares appellations de la Côte de Beaune où la hiérarchie s’arrête aux premiers crus. Certains vignerons militent depuis des années pour une élévation des Perrières au rang de grand cru, sans succès jusqu’à présent.
Le rouge de Meursault, un secret bien gardé
On l’ignore souvent : Meursault produit aussi du vin rouge. Quelque 13 hectares sont plantés en Pinot Noir, côté Volnay, là où la géologie bascule vers des sols plus favorables aux rouges. Les vignerons de Meursault aiment à plaisanter avec leurs voisins : « C’est le meilleur Volnay ! » Ce rouge confidentiel, aux arômes de cerise noire et de fruits rouges, mérite amplement d’être cherché.
La Paulée de Meursault : une fête que chaque amateur devrait connaître
Chaque troisième lundi de novembre, Meursault célèbre la fin des vendanges avec la Paulée, un banquet de vignerons qui réunit producteurs et amateurs autour des grands crus du village. Chaque convive apporte ses propres bouteilles : c’est une tradition d’échange et de partage unique au monde. La Paulée de Meursault est l’un des trois grands jours de la Bourgogne viticole avec la vente des Hospices de Beaune et le « Dîner aux Chandelles » de Vougeot.
En 2024, la Paulée a réuni plus de 600 convives autour de plusieurs centaines de bouteilles apportées par les vignerons eux-mêmes. Un moment hors du temps, profondément ancré dans la culture bourguignonne.
Quels accords avec un Meursault ?
La richesse et l’onctuosité du Meursault en font un partenaire de choix pour la grande cuisine bourguignonne. Nous vous conseillons particulièrement la volaille en sauce blanche : poulet à la crème, poularde en demi-deuil, dont le gras répond magnifiquement à celui du vin. La truite aux amandes, les Saint-Jacques poêlées et les crustacés grillés fonctionnent aussi très bien.
Côté fromage, une Fourme d’Ambert ou un Époisses jeune peut créer une expérience de dégustation mémorable. L’essentiel est d’éviter les mets trop acides ou trop épicés qui écraseraient la finesse aromatique du vin.
Quel budget pour une bouteille de Meursault ?
Trouver un Meursault à moins de 25 euros relève de la mission impossible. Les appellations village se négocient généralement entre 30 et 60 euros, selon le producteur et le millésime. Les premiers crus s’échelonnent de 60 à plus de 150 euros. Pour les grandes bouteilles de domaines réputés (Coche-Dury, Pierre Boisson, Roulot, Lafon), les prix peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros. Les millésimes 2019, 2017 et 2014 sont particulièrement appréciés des amateurs.
Meursault face à ses voisins : Puligny, Chassagne, Monthélie
La Côte de Beaune rassemble des appellations blanches d’une richesse stupéfiante. Meursault se distingue de Monthélie par une ampleur aromatique supérieure et une notoriété internationale plus grande. Face à Puligny-Montrachet, l’opposition est classique : Puligny tend vers la minéralité et la tension, Meursault vers le gras et le beurre. Aucune n’est supérieure à l’autre : ce sont des personnalités différentes, reflets de terroirs qui ne se ressemblent pas.
Questions fréquentes sur le vin de Meursault
Quel type de vin est le Meursault ?
Meursault est une appellation d’origine contrôlée (AOC) de Bourgogne qui produit principalement du vin blanc issu du cépage Chardonnay. Une petite partie du vignoble (environ 13 ha) est plantée en Pinot Noir pour produire du vin rouge.
Le Meursault est-il sec ou moelleux ?
Le Meursault est un vin blanc sec. Son caractère beurré et onctueux peut parfois donner une impression de douceur en bouche mais il ne contient pas de sucres résiduels significatifs. C’est la richesse aromatique du Chardonnay et la texture du terroir calcaire qui créent cette sensation.
Y a-t-il un grand cru à Meursault ?
Non. Meursault ne possède aucun grand cru. La hiérarchie s’arrête aux premiers crus, dont les Perrières sont souvent citées comme les plus proches d’un niveau grand cru en termes de qualité et de potentiel de garde.
Quel prix pour une bouteille de Meursault ?
Comptez entre 30 et 60 euros pour un Meursault village, entre 60 et 150 euros pour un premier cru. Les bouteilles de grands domaines comme Coche-Dury, Roulot ou Lafon peuvent dépasser les 200 euros, voire bien davantage pour les millésimes recherchés.
Quand boire un Meursault ?
Un Meursault village peut se consommer à partir de 3 à 4 ans après la récolte. Les premiers crus gagnent à être attendus 6 à 10 ans. Certaines grandes bouteilles de domaines exceptionnels se gardent 20 à 30 ans, développant des notes toastées et de fruits secs magnifiques avec le temps.
Quelle est la différence entre Meursault et Puligny-Montrachet ?
Meursault et Puligny-Montrachet sont deux appellations voisines de la Côte de Beaune. Meursault se distingue par un profil plus gras, beurré et onctueux, tandis que Puligny-Montrachet exprime davantage de tension et de minéralité. Puligny possède par ailleurs des grands crus (Montrachet, Chevalier-Montrachet) que Meursault n’a pas.



